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Maria, créatrice de pièces uniques en palme

PALMAS DOURADAS FAIT VIVRE LA PALME NATURELLE DE L’ALGARVE

5 juin 2019

Palmas Douradas

Crédit : Palmas Douradas

On rêvait de porter des paniers cet été… Alors nous avons fait la connaissance de Maria, la seule femme de l’Algarve qui cueille, fait sécher et tresse la palme qui pousse à côté de chez elle dans les montagnes ! Déterminée et pleine d’énergie, elle travaille dur pour maintenir le savoir-faire authentique de la vannerie portugaise que sa grand-mère lui a transmis. En venant vivre au Portugal il y a dix ans, Maria a décidé de faire de cette passion son métier en créant la marque Palmas Douradas. Elle fabrique aujourd’hui des paniers et des objets modernes en palme qui séduisent des architectes et des designers reconnus. Même si elle est très sollicitée, Maria ne veut surtout pas produire en grande quantité car le plus important pour elle reste le plaisir d’un travail bien fait et rustique en accord avec la nature.

Pourquoi avoir choisi la vannerie portugaise ?

Quand j’étais petite, je venais passer des vacances dans l’Algarve chez ma grand-mère, en juillet août, pendant la période de ramassage et de séchage de la palme, et je l’aidais. C’était il y a quarante ans environ, le Portugal était très rural et vivait de l’agriculture, ma grand-mère se déplaçait en âne. Tous les soirs, elle tressait la palme pour les objets de la maison, les tapis, les balais, les chapeaux… Lorsqu’elle terminait la fabrication des objets qui lui étaient nécessaires pour sa maison, elle tressait des petits accessoires qu’elle allait vendre sur le marché le weekend. Pour les objets destinés à la vente, ma grand-mère achetait de la pierre de souffre dont les vapeurs blanchissent la palme, et elle mettait les palmes dans un grand coffre pour les blanchir.
J’ai vécu presque trente ans à Paris, deux ans en Angleterre, deux ans aux États-Unis, puis douze ans à Madrid. Et il y a dix ans j’ai décidé de partir vivre avec mes trois enfants au Portugal. Quand je l’ai annoncé à mes enfants, ils étaient furieux et m’ont détestée, mais quand nous sommes arrivés, ils ne voulaient plus repartir car il y a ici une qualité de vie incroyable quand on est jeune et adolescent. C’est l’idéal quand on a entre 0 et 20 ans et à partir de 60 Ans. Par contre, il n’y a malheureusement pas beaucoup de travail.

Palmas Douradas

Crédit : Palmas Douradas

Comment avez-vous appris à tresser la palme naturelle de l’Algarve ?

Finalement, ce n’est pas avec ma grand-mère que j’ai appris à tresser la palme car à partir de l’âge de 13 ans, quand je venais en vacances ici, je m’intéressais à autre chose… Lorsque je suis venue m’installer au Portugal en 2010, j’ai commencé à tresser la palme comme un hobby. J’ai toujours eu besoin de créer, de peindre, d’écrire…A Madrid, par exemple, je peignais, j’exposais mes peintures. Ici, je me suis inscrite à un cours de vannerie. Et ça m’a tout de suite plu ! J’ai eu envie de faire des grandes pièces, alors je suis allée taper à toutes les portes de mon village pour apprendre les différentes techniques, ce qui n’était pas facile car la plupart des personnes conservent leurs savoir-faire anciens comme des secrets presque sacrés.
J’avais à cette époque un autre commerce, j’y exposais mes tressages en décoration sur les murs et ça a eu tellement de succès que j’ai décidé de créer mon entreprise Palmas Douradas. Puis j’ai commencé à faire des workshops dans les hôtels et les musées de la région. Je donne aussi des cours dans des écoles et des maisons de retraite car la vannerie est très bénéfique pour l’esprit. C’est un peu de l’art thérapie, nous sommes parfois dix personnes assises en rond, à tresser et à papoter, c’est très agréable.

Sac Palmas Douradas

Palmas Douradas

Quelle est la particularité de votre savoir-faire ? Y a-t-il une différence entre vos produits et les autres produits tressés en palme disponibles sont sur le marché ?

Aujourd’hui, je ne travaille qu’avec les palmes naturelles de l’Algarve que je ramasse moi-même et j’en blanchie très peu car c’est vraiment le naturel, le rustique, que je préfère. Il y a encore des gens qui tressent la palme au Portugal mais ils achètent les palmes, plus personne ne les ramasse. Il faut savoir que pour vingt euros on peut acheter vingt kilos de palmes importées… Ce sont des palmes qui proviennent de l’étranger, de palmeraies professionnelles bourrées d’insecticides ! Les gens tressent de jolies pièces mais ça n’a plus rien à voir avec nos palmes portugaises, alors que moi je souhaite sauvegarder et transmettre un savoir-faire authentique à travers un design plus moderne. Tous les jours, je commence à travailler à 10h30 et je m’arrête vers 1h30 du matin. Hier, dimanche, nous étions à un pique-nique et j’avais encore apporté mon travail afin de continuer à tresser. Heureusement que j’adore ce que je fais !
Je vais vous expliquer un peu le procédé. Je cueille les palmes puis je les fais sécher. Je dois les retourner une fois par jour, une par une, pour qu’elles prennent uniformément le soleil. Une fois que la palme est sèche, je dois ouvrir toutes les branches une par une. Puis il faut les trier et faire des petits tas. Je garde les plus fines pour faire la corde. Ensuite, pour les travailler, je dois les laver à l’eau pour les dépoussiérer et les humidifier pour les assouplir, avant de les enrouler dans une serviette. Le lendemain, je dois prendre ces palmes une à une et je dois enlever chaque extrémité avec une aiguille pour qu’elles aient la même largeur. Cette dernière opération nécessite entre une heure et demi et deux heures. Ensuite, quand mes palmes sont préparées, je commence à faire une tresse. Lorsque j’ai dix mètres de tresse, je les couds les unes au-dessus des autres au fur et à mesure avec une ficelle de palme. J’irais évidemment beaucoup plus vite si j’utilisais un fil de nylon. Une fois que tout est cousu, je fais une finition avec un rebord. Lorsque je dis que je mets dix heures pour faire un sac, je prends juste en compte le tressage. Si je comptais la préparation de la matière première, ce serait beaucoup plus !

Vous vivez en accord avec la nature. En quoi votre travail est-il tributaire du climat et de la saison ?

La palme doit se ramasser à maturation, entre mai et septembre/octobre. Je fais donc une grande réserve et je la garde pour l’hiver. J’aimerais aussi planter des palmes. Je l’ai fait il y a deux ans sur les terrains de mes grands-parents mais il a beaucoup plu cette année-là et le terrain s’est affaissé… Tous mes palmiers ont disparu, c’était très pénible, mais je vais persévérer. En ce moment j’ai beaucoup de chance car j’utilise les palmes que les gens considèrent comme « pas bonnes », des palmes avec des tâches par exemple, car j’aime tout ce qui est rustique. Il y a aussi des gens qui m’appellent pour que je taille les palmiers de leurs jardins. Je travaille avec le palmier nain qui pousse un peu partout dans les montagnes de l’Algarve, je ne manque donc jamais de matière première. Et c’est une plante complètement autonome qui n’a besoin de rien pour pousser.

Palmas Douradas

Crédit : Palmas Douradas

Ce n’est pas trop difficile d’être une femme entrepreneuse au Portugal ?

Je travaille peu avec les Portugais. Moi qui ai toujours vécu à l’étranger, je constate que les immigrants ne sont pas les bienvenus ici avec des difficultés que je n’ai jamais ressenties en Angleterre, aux États-Unis ou en France. Par contre les touristes sont bien accueillis. Quant au fait d’être une femme, je crois que c’est difficile partout dans le monde. Au début, dans mon village, les gens se sont moqués de moi car mon métier est associé aux vieilles personnes et, même si j’ai 52 ans, j’ai l’air un peu plus moderne ! Puis, un jour, j’ai été choisie pour faire les accessoires du défilé d’un designer très connu au Portugal et les gens se sont un peu moins moqués.
J’aime travailler avec les architectes et les designers portugais car ils prennent mon travail très au sérieux. Ils comprennent le temps que nécessite le tressage de certaines pièces, je crée des malles qui me prennent jusqu’à quarante heures de travail. Ils respectent et gratifient vraiment mon travail. Il y a aussi des magasins qui vendent mes pièces, à Versailles, à Lisbonne…
On me demande souvent pourquoi je ne fais pas travailler d’autres femmes, certaines pourraient me tresser les anses… mais j’ai une vision particulière du travail, je veux tresser entièrement chaque pièce pour que ce soit exceptionnel et uniforme. Je ne veux pas que trois personnes passent sur une pièce. Sinon la pièce devient anonyme, elle perd toute son âme et son identité. Je cherche toujours de nouveaux tressages, en regardant par exemple comment les femmes tressent au Mexique et au Panama. J’ai toujours mon carnet sur moi, je suis toujours en train de faire des petits croquis. Je veux montrer que l’on peut faire des pièces design avec le savoir-faire ancien et authentique portugais. En fait je cherche ce que tout le monde cherche : une qualité de vie, être heureuse et avoir chaud au cœur.



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