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Jho, des protections hygiéniques «justes & honnêtes»

RENCONTRE AVEC DOROTHÉE, L'UNE DES DEUX FONDATRICES DE LA MARQUE JHO, QUI PROPOSE (ENFIN) AUX FEMMES DES PROTECTIONS HYGIÉNIQUES BIO !

26 mars 2019

Jho

JHO, ce sont des tampons, serviettes et protège-slips en coton bio disponibles par abonnement ou en achat unique. Cette jeune marque, créée par Dorothée et Coline, propose enfin aux femmes une substitution aux tampons traditionnels qui contiennent entre autres du glyphosate (c’est fou mais c’est vrai !). C’est aussi une marque engagée puisque JHO reverse une partie de ses bénéficies à l’association Gynécologie Sans Frontières, qui aide des femmes vivant dans la précarité en France, et à une ONG africaine qui finance l’accès des filles à l’hygiène menstruelle. JHO, c’est donc une marque qui vit avec son temps et qui parle aux femmes d’aujourd’hui… Cela nous a donné envie d’en savoir un peu plus sur ce super concept « juste & honnête » et sur les 2 jeunes femmes qui sont derrière ce projet.

(Crédit : Jho)

Bonjour Dorothée, comment est née ta relation avec Coline ? Qu’est-ce qui vous a décidé à créer ensemble la marque JHO ?

Quand on a commencé Jho, on nous disait que l’essentiel était de se connaître depuis très longtemps, mais nous, on ne se connaissait pas du tout ! Je suis arrivée en premier sur le projet. J’étais journaliste Santé à Paris, puis je suis arrivée à Nantes avec mon mari, et j’ai su qu’il y avait un incubateur de start-up qui se montait, dirigé par un Américain dont la femme est française. J’ai rencontré cet homme en lui proposant de travailler en Freelance pour lui dans la communication, mais il m’a parlé de ce concept qui existait aux État-Unis : des tampons et serviettes Bio par abonnement. J’avais été très choquée par la révélation de la composition des tampons (j’avais mis des tampons Net toute ma vie), j’avais travaillé 7 ans dans une émission de santé dans laquelle on avait abordé tous les sujets « nanas » sauf celui-là, ce qui veut dire qu’inconsciemment nous n’aimons pas parler de ça… J’ai été emballée par l’idée de ce projet mais je ne voulais pas le monter seule, il me fallait quelqu’un en marketing digital. J’en ai parlé le soir même à mon mari qui m’a dit que la femme d’un de ses collègues faisait ça : Coline. On a été boire un verre ensemble, on a ri pendant 2 heures, on a remarqué qu’on n’aimait ni l’une ni l’autre le violet, qu’on avait les mêmes ambitions, on voulait monter la même boite, une boîte qui ait du sens, dans laquelle les gens sont heureux de bosser. Alors on s’est lancées ensemble dans la création de Jho. C’était vraiment un pari car on ne se connaissait pas du tout, mais c’est génial car on est très complémentaires et on s’entend vraiment très bien ! J’aime beaucoup le fait de travailler avec quelqu’un qui n’est pas une amie car on peut se dire les choses sans problème.

Quelles sont les difficultés que vous avez pu rencontrer lors de la création de votre entreprise, de la phase de développement de votre produit ?

Le problème principal a été de trouver un fabriquant « clean » en Europe, car il existe très peu de fabricants capables de produire des produits en coton Bio certifié et en grosse quantité. On a démarché plusieurs fabricants et, soit ils imposaient des minimas de production énormes, soit ils ne nous prenaient pas au sérieux. On a fini par en trouver un en Espagne, on a réussi à le convaincre, on y est allées au culot, il nous a fait confiance et ça a marché. Ce fabriquant produisait déjà pour les États-Unis, leur produit en coton Bio était déjà testé et ils avaient toutes les certifications nécessaires. Et le lancement s’est plutôt bien passé ! Ça aide beaucoup d’être à 2 avec Coline. Le 9 Avril, cela fera un an que nous avons mis en vente les produits, et nous avons maintenant des gros volumes puisque nous sommes passées de 5000 à 22 000 abonnements ! Je croise les doigts pour que ça continue !

Jho

Crédit : Jho

Peux-tu nous parler de la traçabilité de la fibre du coton Bio que vous utilisez (Label Gots) ? Est-ce que vous avez pu voyager et vous déplacer sur les lieux de culture du coton (Inde, Pakistan, Turquie) ?

Les produits sont certifiés Gots, ce qui veut dire que le produit est testé tout au long de la chaîne de fabrication. La matière première est testée une nouvelle fois quand elle arrive à l’usine par un laboratoire indépendant avec des critères encore plus durs que ceux de Gots. Puis, une fois le produit finit, il est de nouveau testé en bout de chaîne pour confirmer qu’il ne contient aucune matière nocive et que le coton est 100 % Bio. Nous aimerions aller sur le terrain mais les sources sont très diffuses car le coton bio vient d’Inde, du Pakistan, d’Afrique… Le voyage sera donc complexe à organiser ! Nous avons la certification « ICEA », ce qui veut dire que le droit du travail est respecté dans chaque pays tout au long de la chaîne, mais j’aimerais y aller moi-même pour vérifier cet aspect social. Si le côté Bio est facilement vérifiable grâce aux tests, le coté éthique l’est moins, notamment en Inde et au Pakistan. Dès que nous aurons des fonds, nous prévoyons donc d’aller vérifier nous-mêmes. Et, au-delà des certifications Gots et ICEA, nous faisons réaliser des tests par des cabinets indépendants qui contrôlent la qualité, et par des cabinets qui sont sur place et vont vérifier comment se passe le travail dans les champs de coton et dans les usines de purification du coton.

Jho

Crédit : Jho

Quel est le leitmotive de votre Start-up ?

JHO ça veut dire Juste et Honnête. Honnête car on voulait proposer des produits sains et être transparentes sur leur composition. Et Juste parce qu’on donne une partie de nos bénéfices à Gynécologie Sans Frontières pour accompagner son travail auprès des femmes migrantes en France. C’est aussi un fil rouge pour les relations entre les personnes de l’entreprise, c’est une manière pour nous de construire notre entreprise. Nous sommes 4 et nous sommes toujours justes et honnêtes les uns avec les autres, on se dit les choses, on ne se ment pas.

JHO distribue des produits à des femmes vivant dans la précarité via 2 ONG partenaires. Peux-tu nous parler un peu plus de cette démarche humanitaire et des projets sur lesquels JHO se mobilisent ?

Nous travaillons avec Gynécologie Sans Frontières et avec une association qui agit au Cameroun. Cette dernière vient de trouver un gros financement et nous cherchons donc une autre petite structure qu’on pourrait aider et faire grandir grâce à Jho. Après avoir été journaliste santé, je suis partie 2 ans en brousse à Madagascar en volontariat. J’ai vu beaucoup de situations très dures et compliquées, j’ai vu énormément de mamans qui me demandaient « comment je peux faire pour aller dans ton pays ?». Parce que c’est invivable une telle pauvreté, c’est sans espoir dans un pays pourri par la corruption. Je comprends donc très bien le parcours des migrants, pas seulement de ceux qui fuient la guerre mais aussi de ceux qui fuient la misère. Coline et moi avons donc voulu faire quelque chose pour ces migrantes qui arrivent en France. Nous avons rencontré Gynécologie Sans Frontières, dont le siège à Nantes, qui organise l’accueil des réfugiés, notamment des femmes qui arrivent avec des parcours migratoires très compliqués, parfois enceintes ou qui se sont fait violer. Ces femmes ne parlent pas notre langue, elles ne connaissent pas les réseaux de Samu Social… C’est vraiment une vie de « chien » ! Et donc les règles dans tout ça, c’est une galère supplémentaire. On donne donc soit des produits soit de l’argent à Gynécologie Sans Frontières, en fonction de leurs besoins. J’aimerai aussi trouver une petite structure à l’étranger, à Madagascar où je suis allée. Cet aspect de JHO est très important, c’est ce qui nous permet de tenir le coup dans les moments difficiles, et ça nous motive de nous dire que, quand on aura plus de salariés, on pourra les embarquer avec nous dans l’humanitaire.

On entend de plus en plus parler du problème de la composition des produits que nous consommons. Des humoristes comme Sophia Aram en font des sketchs, des revues féminines s’emparent enfin du problème des protections hygiéniques… Penses-tu que les Français (et pas seulement les femmes) comprennent mieux les enjeux, sont prêts à consommer différemment ?

Le prisme des protections féminines nous permet de constater que, du fait des problèmes de fertilité, de cancers féminins, les femmes n’ont plus envie « qu’on se foute de leurs gueules » en leur vendant des produits toxiques pour cette partie si intime de leurs corps. C’est devenu épidermique ! Comme nous vendons un produit en coton biologique, nous sommes plus chers qu’un produit de supermarché, on pensait donc au départ toucher seulement les CSP +. Mais, en fait, nos clientes sont aussi des étudiantes et des femmes qui n’ont pas énormément de moyens mais qui s’abonnent car elles veulent de la qualité. On voit aussi sur les réseaux sociaux qu’il y a une vraie méfiance vis à vis des grandes marques. Il y a une envie de transparence.

Quels sont vos futurs projets ?

A court terme, nous aimerions élargir la gamme, car malheureusement il y a beaucoup de femmes qui souffrent, par exemple d’endométriose, et pour qui nos produits ne sont donc pas suffisants. Nous souhaitons faire une gamme qui s’adapte vraiment à toutes les femmes, et peut être aussi d’autres produits pour le corps mais on ne sait pas encore lesquels. Et surtout, à plus long terme, nous souhaitons faire grandir Jho et financer d’autres projets humanitaires pour aider les femmes. Ce serait une grande satisfaction.

Quelles sont les femmes qui t’inspirent ?

Simone Veil ! J’ai lu son livre Une vie et j’ai pris la baffe de ma vie ! La résilience de cette femme, la manière dont elle s’est occupée de sa famille, car c’était une femme très proche de ses enfants, faisant attention aux gens autour d’elle… je trouve toute sa vie fascinante. Cette femme m’inspire beaucoup car son parcours veut dire qu’on peut faire de grandes choses sans sacrifier sa vie personnelle. Et, surtout, elle ne vivait pas dans la haine malgré tout ce qu’elle a vécu, elle a toujours eu la volonté de faire du bien. Sinon, je trouve les navigatrices très inspirantes, Isabelle Autissier par exemple. Ce qu’elle a fait est dingue ! Affronter les tempêtes, ne pas avoir peur… ces femmes ont une liberté incroyable !

Quelle est ta couleur préférée ?

Le bleu ! J’ai fait 12 ans de natation, je fais régulièrement du surf, j’adore la mer…

Pour plus d’infos, visitez leur site > jho.fr et abonnez-vous à leur compte Instagram > @jho.fr

Jho

Crédit : Illustration de Christelle Enault

 



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