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3 livres à mettre dans sa valise cet été

ON LIT QUOI SUR LA PLAGE POUR OUVRIR SON IMAGINAIRE ET PIMENTER SES VACANCES ?

15 juillet 2019

Crédit : Numéro Une

Janice Pariat, Variations d’un coeur, 2017. Traduction française : NiL Éditions, 2019.

Neuf hommes qui ont aimé une femme s’adressent à elle avec un « tu » libérateur. En racontant ce qu’ils ont partagé avec elle, ils donnent chacun à voir des aspects de sa personnalité et des moments de sa vie. Des fils se tressent entre ces fragments et c’est le portrait d’une femme complexe, libre et passionnée qui se dessine.
En adoptant une forme polyphonique, en nous faisant voir différentes facettes d’une femme à travers le regard d’hommes qui ont partagé une relation avec elle, Janice Pariat s’interroge sur ce que l’on donne à l’autre dans l’intimité. Peu importe la profondeur et l’intensité de ce que l’on vit, qu’il s’agisse de quelques heures, de quelques nuits, de jours, de mois, d’années, le partage de l’intime nous permet-il de toucher l’intériorité de l’autre ?
Et c’est fort, très fort. Ça donne des frissons, ça se lit d’une traite. Et après il reste des images de cette femme, des expressions de son visage, des mouvements de son corps, des lieux par lesquels elle est passée qui ne sont pourtant jamais nommés autrement qu’avec des métaphores. Et après il reste « la ville au fleuve », « la ville sans fleuve », « la mer devenue aussi plate qu’un miroir », « les vastes champs de tournesol ». Et après il reste des images d’étreintes, d’errances, d’ivresse, de désirs, de pertes, de renoncements, des morceaux de vie en somme. Et après il reste des mots dont la poésie résonne longtemps.

Vinciane Moeschler, Trois incendies, 2019. Éditions Stock, collection Arpège.

Suite à la réalisation d’un documentaire radiophonique sur les « Femmes dans la guerre », Vinciane Moeschler a décidé de puiser dans les témoignages de celles qu’elle avait rencontrées pour nourrir une fiction racontant les destins de trois femmes. Ces trois femmes, Léa, Alexandra et Maryam, sont de la même lignée. Mais, au-delà des liens du sang, elles se sont transmises l’une à l’autre un rapport à la guerre, une mémoire, des secrets, des stigmates, mais aussi une pulsion de vie et une profonde liberté.
On traverse trois générations, on voit la Belgique et la France occupées, le massacre de Chatila, la chute du mur de Berlin, les rues de New York, Genève, Buenos Aires. Ces trois voix de femmes vibrent, de ce qui remue la chair, fait battre le cœur, donne la force de se dépasser, de défaire les secrets, d’avancer et de vivre encore. Un très beau texte qui se dévore, des mots qui piquent, qui remuent, qui restent.

Chip Cheek, Cape May, 2017. Traduction française : Éditions Stock, 2019.

Septembre 1957. Henry et Effie passent leur lune de miel dans la petite station balnéaire de Cape May, dans le New Jersey. Mais, hors saison, malgré la découverte de l’intimité et de la sexualité, le jeune couple commence vite à s’ennuyer. Effie désire même écourter leur séjour. C’est alors qu’elle retrouve une jeune femme qu’elle a connue quand elle passait ses vacances à Cape May enfant. Et, avec elle, un groupe de New-Yorkais riches et libérés qui va faire vaciller l’univers des jeunes mariés.
Cape May devient leur terrain de jeu. Henry et Effie se saoulent au gin, font de la voile, pénètrent dans des maisons vides, marchent nus sous les étoiles… jusqu’à une nuit où tout bascule.
Amérique glamour des années 50, sensualité, ivresse, transgressions… Le roman de Chip Cheek est le compagnon idéal quand on lézarde sur la plage en se demandant comment pimenter son été.

Cape May

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