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Ondine Saglio, la très engagée créatrice de la CSAO

GÉNÉREUSE ET ENGAGÉE, ONDINE POURSUIT AVEC PASSION L’AVENTURE COMMENCÉE PAR SA MÈRE QUI A CRÉÉ LA BOUTIQUE CSAO ET L’ASSOCIATION ASAO QUI ŒUVRE AU SÉNÉGAL

19 novembre 2018

Ondine Saglio

(Crédit : Numéro Une)

Ondine Saglio a repris les rênes de la Compagnie du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest, entreprise familiale créée en 1995 par sa mère Valérie Schlumberger. Le but de la CSAO, première compagnie à avoir fait du commerce équitable, est de promouvoir le travail des artisans qui est vendu dans la boutique parisienne, mais également de financer l’association ASAO qui œuvre pour l’amélioration du quotidien des femmes et des enfants à Dakar et à Gorée.
Ondine nous a chaleureusement reçues dans sa boutique, avec naturel, simplicité, conviction. Elle nous a donné un peu de son temps, précieux, car le don fait partie de sa vision de la vie. Il s’agit d’une très belle rencontre, très inspirante, au cours de laquelle elle nous a parlé de son travail, des réalisations de l’ASAO, mais aussi de ses coups de cœur et de ses rêves.

Ondine, pouvez-vous nous parler de votre parcours et du moment où vous avez décidé de vous consacrer entièrement à la CSAO ?

J’ai étudié les Lettres modernes à la Sorbonne pendant cinq ans. Mais, quand ma mère a créé la boutique de la CSAO en 1995, j’ai rapidement commencé à m’occuper des achats, des produits, de la création. J’ai fait cela pendant 6 ans, tout en ayant parallèlement une activité de photographe. Puis je suis partie aux États-Unis pour prendre le large et faire des photos. J’y ai aussi fait un enfant. Je suis ensuite revenue en France avec l’enfant, le papa, j’ai fait un autre enfant, et, il y a 4-5 ans, j’ai vraiment recommencé à m’occuper de la CSAO. Avant, j’étais moitié en mode maman, moitié en mode CSAO. Et c’est évidemment depuis que j’ai repris à fond que cela marche beaucoup mieux, avec notamment la création des coussins brodés.

Si la boutique de la CSAO se situe à Paris, l’ASAO, qui initie des projets locaux à vocation sociale, se trouve au Sénégal. Pouvez-vous nous parler du travail de l’association ? Quelles sont les actions menées à Dakar et à Gorée ?

L’ASAO a aussi été créée par ma mère qui s’occupe aujourd’hui encore de tout ce qui est associatif.
A Dakar, il y a l’Empire des enfants. Ce sont des enfants des rues, vivant dans des conditions assez terribles, des petits garçons, qui viennent pour se réinsérer dans la société, dormir, manger. Dans la banlieue de Dakar, on a aussi beaucoup soutenu la Maison Rose, en rapprochement avec Christian Louboutin, qui accueille des femmes des rues, souvent enceintes, pour les aider à accoucher dans de bonnes conditions, à se réinsérer, à recréer des liens avec leurs familles.
Notre autre gros projet, auquel Christian Louboutin participe également, s’appelle Keur Khadija. C’est une grande maison pour les enfants, sur l’île de Gorée, qui met en place des activités, du soutien scolaire, car rien n’était proposé aux enfants qui restaient dans la rue. A Keur Khadija, ils jouent et travaillent. C’est un vrai succès car le niveau scolaire a beaucoup progressé.

Collaborez-vous avec des ONG ou d’autres associations ?

Non, nous sommes vraiment tout seuls. Nous ne sommes pas aidés par des ONG. Nous utilisons nos propres fonds. De nombreux produits de la CSAO sont reversés à notre association, l’ASAO. Ce sont deux entités distinctes mais les bénéfices de certains produits vendus par la compagnie sont reversés à 100% à l’ASAO. C’est par exemple le cas des bracelets Jokko dont la vente a suffi, pendant des années, à faire entièrement tourner l’Empire des enfants.

Vous qui avez commencé cette aventure entrepreneuriale et associative avec votre maman, quelles sont les valeurs que vous souhaitez communiquer à votre fille, dans une idée de transmission de femme à femme ?

Je veux qu’elle fasse quelque chose pour les autres. Je l’emmène avec moi depuis qu’elle est toute petite, non-stop, dans tous mes voyages, pendant toutes les vacances scolaires. Mon fils vient moins parce qu’il a 14 ans. Mais ma fille, elle, a 9 ans : elle m’accompagne systématiquement, elle fait du soutien scolaire… Je veux qu’elle ait conscience d’aider, de soutenir les gens, de donner de son temps. Évidemment j’adorerais qu’elle fasse de l’humanitaire. Elle baigne vraiment dans cet univers, comme moi qui ai vu ma mère œuvrer, me suis dit que ce qu’elle accomplissait était formidable et ai eu envie moi aussi de faire des choses pour les autres, de faire du commerce équitable. Le reste ne m’intéresse pas.
Les enfants passent donc beaucoup de temps au Sénégal, pendant leurs vacances, pendant que j’y travaille. Je ne prends plus de vacances depuis un moment. Il y a tellement de choses à faire… Nous avons maintenant deux ateliers, un à Dakar et un à Gorée, avec 150 brodeuses. Il faut s’occuper de tous les artisans, de la boutique, des ventes aux professionnels, de toutes les collaborations, dont la dernière en date avec Bonpoint… Et nous ne sommes que trois, en sous-effectif absolu. Mais on ne peut pas tout avoir, faire du commerce équitable, engager… Non, il faut savoir faire des choix.

Plus largement, quelles sont les femmes qui vous inspirent, que vous admirez ?

Ma mère est ma source d’inspiration parce que je trouve qu’elle est absolument éblouissante. J’admire son côté non consommatrice, absolue. Je n’ai jamais vu cela à ce point. Tout l’argent qu’elle a pu avoir entre les mains, elle l’a utilisé pour les autres. Je trouve cela très unique. S’il y avait plus de gens comme elle, plus de gens ne gardant pas leur argent et le donnant aux autres au lieu de s’acheter des sacs Hermès, le monde irait mieux. Quand j’entends parfois des gens dire « ah oui CSAO c’est Valérie machin, c’est Léa Seydoux », j’ai envie de leur demander ce qu’eux font pour les autres, parce qu’elle, au moins, elle a fait quelque chose de son argent. Elle a tout donné. Elle ne possède pas de multiples maisons ou appartements. Non. Et je l’admire beaucoup pour cela.
J’admire bien entendu plein d’autres femmes, comme Simone Veil, de nombreuses femmes écrivains. Mais ce que j’aime par-dessus tout, ce sont les gens qui donnent. Les gens qui ne donnent pas me fatiguent, et il y en a tellement, tellement…

Quels conseils donneriez-vous à des jeunes femmes qui souhaitent devenir indépendantes, créer leur entreprise, peut-être un jour travailler avec des associations, mettre en place ce genre de projets ?

D’y croire, de s’accrocher, parce qu’il y a tellement de moments difficiles… Le meilleur conseil que je peux donner c’est vraiment celui de s’accrocher, s’accrocher, s’accrocher encore, de se dire que la difficulté n’est pas quelque chose de grave car nous en avons eu des tonnes, de continuer à croire en ses rêves, et aussi de savoir lâcher des choses lorsque cela est nécessaire car on ne peut pas tout réussir. Je trouve par exemple très difficile de tout concilier : la vie de maman, la vie de femme, la vie d’amie, la vie de chef d’entreprise. Je trouve cela difficile et je me dis que je ne peux pas être parfaite. Il y a des choses qu’il faut parfois savoir lâcher. Il y a des moments où je vais favoriser ma famille, d’autres où je vais favoriser l’entreprise parce que j’y suis obligée, d’autres où je vais favoriser l’amoureux. Mais il m’est impossible de tout réussir en même temps. Il y a des femmes extraordinaires qui arrivent à tout faire, on en voit sur Instagram… moi je ne sais pas.

Sur Instagram justement, est-ce qu’il y a des gens qui vous inspirent, que vous suivez particulièrement ?

J’adore Marin Montagut qui vient de publier « Sous les toits de Paris » avec Inès de la Fressange. C’est quelqu’un que j’aime beaucoup, qui fait de l’artisanat, qui ne ressemble à personne, qui a son identité propre.

Vous nous parliez tout à l’heure d’aller au bout de ses rêves, de continuer et de se battre, quel est votre rêve le plus fou ?

Mon rêve le plus fou, c’était les ateliers de broderie. Aujourd’hui, il y a 150 salariés. C’est une énorme responsabilité : les brodeuses ont mis leurs enfants dans des écoles privées, elles aident leur famille, et nous nous devons donc de faire tourner ces ateliers. C’est formidable, c’était un très grand rêve, mais qui parfois me dépasse un petit peu, car il faut trouver des commandes mais aussi s’assurer de la qualité de la production qui ne doit pas se relâcher mais être au contraire de plus en plus qualitative. Il faut donc beaucoup de rigueur et de fermeté, ce qui n’est pas toujours évident pour moi.

Votre couleur préférée ?

Le rouge ! J’aime le rouge à la folie. Quand on voit des photos de chez moi sur internet, dans des articles qui parlent de décoration, on peut voir que mon intérieur est très rouge. Je trouve que c’est une couleur magnifique.

Vos prénoms préférés ?

J’adore le prénom de ma fille, Lise, et Pablo, le prénom de mon fils. J’aime aussi beaucoup Rosalie, j’adore Rosa. Si j’avais une autre fille, je l’appellerais Rosa. Et pour les garçons j’aime bien les prénoms un peu vieillots, comme Jean, mais j’ai moins d’inspiration… Je suis plutôt fille de toute façon.

Vos derniers livres coups de cœur ?

J’aime beaucoup Delphine de Vigan, Rien ne s’oppose à la nuit bien sûr, mais aussi son dernier roman Les Loyautés. Depuis quelques années, j’aime aussi beaucoup lire des biographies. J’ai récemment lu la biographie de Maria Schneider et aussi un livre sublime sur Romy Schneider. Peut-être que comme je travaille énormément, il m’est plus difficile de rentrer dans des fictions. Je ne sais pas. Dernièrement, j’ai aussi eu un coup de cœur pour le livre d’Olivia de Lamberterie, qui vient de recevoir le Prix Renaudot essai 2018, que j’ai trouvé très beau.

La boutique CSAO, 9 rue Elzévir – 75003 Paris

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