Eloge du désir

REPRENDRE POSSESSION DE SON DÉSIR EN LISANT BELINDA CANNONE

28 avril 2018

Eloge desirs-DR-Livre

Crédit : DR

« Mais viens me prendre sans manières, enfouis-toi en moi,
fais-moi jouir en cascade que je sois rassasiée et avide,
comblée et assoiffée encore, car mon envie de toi est inépuisable. »

Belinda Cannone, Petit éloge du désir, 2013 (fragment 16).

Si la maternité vous éloigne, un peu, beaucoup, des fondements de votre féminité, si le quotidien et les contraintes pèsent parfois trop lourd, s’il peut vous arriver d’oublier que vous êtes une femme, c’est-à-dire un être humain constitué de désirs… comptez sur nous pour vous le rappeler ! Dans un court essai constitué de 250 fragments, la très talentueuse Belinda Cannone écrit une profonde et sincère ode au désir que nous vous conseillons de lire sans modération.

Charnel, sensuel, vrai, profondément intelligent, son essai explore le désir, le traduit, le transcrit, le décrit, s’interroge sur ses motifs, sur ce qui constitue cet « appétit qui gît en soi, nous disposant à la rencontre intime d’un autre corps, mouvement vital, premier – énergie pure » (fragment 12).

C’est en effet un éloge de l’altérité, de l’autre que l’on désire, car le désir est « le mouvement qui fait distinguer et élire, et qui partant de soi se dirige vers un autre choisi pour lui-même, pour ce qu’il est d’autre, différent de soi et de quiconque, et désiré, c’est-à-dire aimé pour son altérité même » (fragment 12). Désirer, c’est s’ouvrir à l’autre, c’est accepter ses différences, c’est le choisir aussi, et s’élever vers lui.

Belinda Cannone nous rappelle également que le désir c’est la vie, qu’il n’y rien de plus jouissif que de sentir la vie en soi parce que l’on désire quelqu’un. « Tu n’as jamais su distinguer le désir sensuel du désir de vivre. Tu crois que désirer de vivre est désirer d’étreindre, parce que l’étreinte est joie et rencontre avec l’autre » (fragment 23). Se sentir vivante, se sentir vivant, c’est l’expression qui revient souvent dans la bouche de l’un ou de l’autre lorsque le désir revient, lorsqu’il fait son retour après nous avoir quitté pendant un certain temps.

L’auteure nous explique enfin que le désir n’est pas mu par l’instinct, qu’il est profondément cérébral, qu’il n’y a pas grand-chose d’animal dans le désir, que les neurosciences telles qu’elle se développent depuis le début du 21e siècle montrent au contraire que « plus le cerveau se développe, moins l’instinct commande l’activité sexuelle ». En effet, « l’activité sexuelle serait liée au plaisir, et la reproduction ne serait qu’une conséquence indirecte, en second lieu, de l’érotisme » (fragment 185). Le désir et l’érotisme seraient donc le reflet de notre humanité, de notre intelligence, de la capacité de notre cerveau à penser le plaisir.

Livre Petit Eloge du désir, Belinda Cannone

Petit éloge du désir de Belinda Cannone.
Gallimard (Paris), coll. Folio 2€, 2013 – 1re publication. Crédit : monsalonlitteraire.blogspot.fr

Alors ne nous en privons surtout pas, sachons nous ménager des espaces bien à nous, bien loin du quotidien et des enfants, des espaces où seul le désir nous définit en tant que femme, en tant qu’être humain. Je vous conseille vivement la lecture de ce Petit éloge du désir qui devrait vous donner envie de reprendre possession de votre désir, si tant est que la maternité vous ait un peu éloignée de ce fondement de la féminité…

 

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