La servante écarlate

CE ROMAN D'ANTICIPATION NOUS PLONGE DANS UNE SOCIÉTÉ OU LES FEMMES ONT ÉTÉ DÉPOSSÉDÉES DE LEURS CORPS, DE LEURS LIBERTÉS, DE LEURS DROITS ... 

14 avril 2018

Série TV The handmaids tale-Saison 2

Crédit : Hulu, The Handmaid’s Tale

Remis à l’ordre du jour par la série américaine The Handmaid’s Tale (en français La Servante écarlate), le roman de la canadienne Margaret Atwood est d’une brûlante actualité. Ecrit en 1985, ce roman d’anticipation nous plonge dans une société où les femmes ont été dépossédées de leurs corps, de leurs libertés, et nous invite ainsi à la plus grande vigilance car ce qui nous semble acquis est toujours susceptible d’être remis en question.

Une société totalitaire et puritaine

Dans un futur proche, dans un environnement pollué par des produits chimiques toxiques et par des radiations nucléaires, le taux de natalité s’est effondré engendrant une crispation politique et sociétale. Un coup d’état entraîne alors la mort du président des Etats-Unis, la disparition du Congrès, et transforme le pays en théocratie puritaine totalitaire rebaptisée « république de Gilead ».

Les femmes n’ont plus de compte en banque et portent un uniforme qui permet de les identifier en fonction de leur appartenance à l’une des classes : les Epouses, qui sont les femmes des Commandants qui dirigent la société, les Marthas qui entretiennent les maisons et s’occupent de l’intendance, les Servantes, qui sont les rares femmes encore fertiles réduites à la procréation, et les Tantes qui s’occupent de la formation et du suivi des Servantes. Toutes les autres femmes, jugées trop âgées, indisciplinées, infertiles, sont déportées dans les Colonies où elles manipulent des déchets toxiques.

Des servantes dévolues à la procréation

Les Servantes écarlates, vêtues d’une longue cape rouge et d’une cornette blanche, sont affectées chez des Commandants à qui elles sont censées donner un enfant. Chaque mois, en pleine période d’ovulation, la servante doit se plier à un rituel baptisé « la Cérémonie » qui n’est rien d’autre qu’un viol au cours duquel la jeune femme doit avoir une relation sexuelle avec son commandant en restant allongée entre les jambes de la femme de celui-ci. Une fois sa tâche totalement accomplie, une fois l’enfant né, allaité et sevré, la Servante est affectée chez un autre commandant pour revivre de nouveau cet effroyable esclavage sexuel.

Les Servantes n’ont pas le droit de séduire, elles sont réduites à un rôle de reproduction, sont dépossédées de leur identité, jusqu’à leur prénom puisqu’elles portent un nom composé du préfixe « De- » (« Of- » en anglais) suivi du nom de leur commandant.

C’est par le biais des souvenirs de l’héroïne du roman, rebaptisée Defred (Offred en anglais), que la période qui a précédé le coup d’Etat et l’arrivée au pouvoir des Commandants nous est contée. On comprend que les événements se sont enchainés les uns après les autres de façon inéluctable, sans que rien ne soit mis en œuvre pour les arrêter.

Une invitation à la vigilance

Le contexte sociétal imaginé par Margaret Atwood il y a plus de trente ans fait étrangement écho à certaines de nos problématiques contemporaines. C’est le cas des problèmes de fertilité qui précèdent l’instauration du régime totalitaire de Gilead et des problèmes de pollution qui en sont à l’origine.

Ainsi, quiconque lit le roman de Margaret Atwood ne peut s’empêcher de se poser la question suivante : qu’adviendra-t-il de nos sociétés si, dans vingt ans, dans trente ans, dans cinquante ans, nos enfants, nos petits-enfants, nos arrière-petits-enfants, ne peuvent plus avoir d’enfants, si la fertilité et la possibilité de procréer deviennent des choses rarissimes pour lesquelles nos descendants seront forcément prêts à tout ?

Que restera-t-il de nos démocraties, de nos organisations politiques, de nos libertés, si la procréation devient un horizon naturellement impossible pour la majeure partie de la population ?

Que subsistera-t-il alors des droits des femmes ?

« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. »

Simone de Beauvoir

La servante écarlate Saison 2

Une adaptation en série à succès

Les remises en question des droits des femmes – notamment du droit à l’avortement – qui ont suivi la victoire de Donald Trump aux dernières élections présidentielles américaines ont remis sur le devant de la scène le roman de Margaret Atwood, alors même que celui-ci connaissait une adaptation en série par la plateforme de streaming Hulu.

En effet, la saison 1 de La Servante écarlate, saluée par la critique, a remporté huit Emmy Awards et deux Golden Globe Awards en 2017, dont ceux de Meilleure série dramatique et de Meilleure actrice dans une série dramatique pour Elisabeth Moss.

La saison 2 de la série, totalement inédite puisqu’il s’agit d’une suite du roman de Margaret Atwood, à l’écriture de laquelle la romancière a contribué, sera visible sur la chaîne OCS Max à partir de mi-avril !

En attendant, découvrez les images tant attendues de la saison 2 !

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